Un livre qui porte au sublime l'art de faire un " ristretto"

 

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Nous sommes au palais du Quirinal , Luigi EINAUDI  le président  est de méchante humeur : son café  matinal  et quotidien ne lui a pas été servi. Panique à  bord !

 

Le Maître du café Massimo Pietrangeli a eu un malaise dans la rue, alors qu'il se rendait au palais ;

 Il est ramené chez lui inconscient, un médecin préconise un transfert à l'hôpital. Non, seul un conseil de famille peut prendre une telle décision.

Crialleries, effervescence,télégammes envoyés puis " l'arrivée des parents de province s'échelonna sur plusieurs jours, selon leur éloignement de Rome ..."

Toute la famille s'agglutine autour du gisant : les frères et leurs femmes, les soeurs et leurs maris, les petits enfants , .. On se chamaille , on pense héritage  " papa a-t-il laissé un testament ?", chacun espère un prompt rétabillement du Maître et un retour rapide dans ses foyers.

Un bon café est  opportunément préparé, une odeur sublime se répend et chacun sort sa tasse personnelle

 

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"Au salon, les Pietrangeli assis en cercle s'étaient pourvus de tasses qu'ils faisaient tourner dans leur main pour les réchauffer. C'étaient de belles tasses blanches au fond arrondi, au bord évasé, façonnées dans une épaisse porcelaine de la manufacture de Doccia, près de Florence."

"Quand les Pietrangeli eurent tous leur tasse en main, un regard de connivence passa entre eux...."

"Le rite des porcelaines commençait toute réunion de famille où l'on prenait le café...chaque tasse était unique... un monogramme d'or aux jolis entrelacs l'identifiait ..."

"Longue vie à Massimo !" dit très fort Roméo ....

Etait-ce l'odeur du café propagée jusqu'à ses narines, le vieux Massimo se dressa sur son séant..."

La vie sembla reprendre dans chaque fibre de son corps :" un café...volontiers... j'ai fait un mauvais rêve."

 

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(cerises de café arabica)

 

Après quelques jours de reflexion Massimio pensa qu'il allait mourir  et comme l'a écrit Bossuet :

 que " le santé n'est qu'un nom, la vie n'est qu'un songe, la gloire n'est qu'une apparence, les grâces et les plaisirs ne sont qu'un dangereux amusement."

Il se confia au moine Drago son fils : " j'aimerais que mes derniers moments soient beaux...beaucoup veulent réussir leur vie, mais peu songent à réussir leur mort. Je suis du petit nombre qui y aspire."

"Je voudrais que nous prenions le café tous ensemble, chaque jour "

" Nous puiserons le café dans ma cassette personnelle et nous boirons dans nos tasses de famille."

Mais pour couler ce café il fallait un percolateur d'exception, or il n'y avait qu'une machine sans égale ; celle que Massimo avait dessinée et assemblée de ses mains et qui se trouvait au Quirinal. Le président fut d'accord pour le transfert de la Storta - la Cornue" qui fut acheminée et remontée dans la maison du Maître.

Les Cérémonies du Café se succédèrent : " D'abord  humer l'arôme, puis vite aspirer le café pour qu'il baigne l'ensemble des papilles..."

Les fèves  s'épuisaient et le Maître s'en inquiétait. Un jour dans un sursaut de vie, le grabataire, le presque mourant se redressa  et dit :" j'invite toute la famille à partir chercher mon café dans un lieu que vous découvrirez en temps opportun. Je prendrai tous les frais à ma charge. Nous partirons en convoi ; dans une voiture il y aura mon lit  et ma nièce Chiara écrivain à  qui je dicterai mes mémoires, dans la Cadillac-Eldorado on montera   la Storta etc. Pour commencer nous roulerons de Rome à Bordeaux où nous embarquerons;

 

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Ainsi fut fait. La saga riche en détails se déroule comme une bande dessinnée. C'est joyeux, coloré, surprenant..  .

La famille débarque au pays de coeur de Massimo, et le convoi se reforme et par de mauvais chemins , entre les "fincas", il se hisse vers les hauteurs volcaniques où pousse  " el mejor cafe del mundo", l'Arabica si cher au Chevalier...

 

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Que se passe-t'il alors ?   La chute de ce conte merveilleux de 350 pages est innattendue, très belle, romantique et émouvante...

Vous ne serez pas déçus !

 

Jean-Claude et l'Afrique 027 

 

et plus jamais vous ne vous coulerez un café avec désinvolture !