Aloÿs Claussmann au début du XX°siècle  créa, à Clermont-Ferrand, un mouvement musical considérable dont les très anciens se souvenaient  encore, il y a peu, avec une grande nostalgie. Ce fut un Maître et un grand pédagogue.  

En octobre 1926 , Claude Nièvre écrivait dans La Montagne  un long et élogieux article sur le compositeur Aloÿs Claussmann , dont la santé déclinait.

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" Grand admirateur de Beethoven et de Schumann, il sait allier l'ampleur et la passion de l'un à l'exquise intimité de l'autre "...

"Venu jeune d'une lointaine Alsace à Clermont,quelques années suffirent à son talent pour s'imposer"

 

CLAUSSMANN

 

" J'avais déjà remarqué que Clausssmann est au nombre de ces privilégiés  qui portent dans leurs yeux toute leur âme mais jamais je n'avais encore observé dans le regard du maître une telle ardeur, un tel feu contenu... Claussmann me saisissant la main s'écria : 

 "  Ah ! mon oeuvre, mon oeuvre interrompue...la reprendrai-je jamais ?"

 

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Il naquit à Uffoltz en Alsace et entra à l'école Neidermeyer en 1867. Il en sortit avec les premiers prix de piano et d'orgue et le grand prix de composition musicale. A la suite de la guerre de 1870 il opta pour la nationalité française et  s'installa à Clermont. Il fonda la Société Philarmonique puis le Choral mixte et enfin l' Ecole Nationale de Musique. Ce fut un bonheur pour les mélomanes clermontois d'avoir dans leurs murs un tel artiste.

Henriette Vimal fut l'une de ses meilleures élèves et son interprète préférée. Il avait en elle toute confiance et lui confiait parfois la clef des Grandes orgues de la cathédrale. Ces grandes orgues où il s'est illustré si longtemps et que Rameau lui-même avait tenues jadis pendant plus dix ans.

" Cet organiste de la cathédrale de Clermont que les fidèles apercevaient à peine quand il se faufilait vers son clavier, toujours frileux et emmitouflé, dérobé aux regards par la double défense de son éternel cache-nez et de son lorgnon noir, avait écrit des pièces pour orgue qui comptent parmi les classiques de cet instrument...Il fut un ami de Paul Dukas et de Gabriel Fauré, qui l'avaient en grande estime "... ( Désaymard)

 

En novembre 1926, Joseph Désaymard éploré, annonçait dans la Montagne la mort du maître.

 

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Ses amis lui érigèrent un monument qui fut intallé tout d'abord dans un petit jardin ravissant entre le square Blaise Pascal et la Poterne, rue Saint Herem,  puis il fut transporté dans un autre lieu,en face du 79 rue Blatin, quartier où le maître habitait.

Cette sculpture est de Maurice Vaury.

 

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" Miracle de l'esprit qui animait ce corps - miracle d'une spiritualité intense, d'un rayonnement toujours jeune du coeur et de l'intelligence.... Même sur son lit de moribond son papier à musique ne le quitta point "...

" Ainsi s'en est-il allé, tout frémissant des harmonies de cette terre, puis pénétré de la cruelle symphonie d'automne, vers les Musiques pressenties. " ( J. Désaymard)

 

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